On me dit de ne pas pleurer, d'être forte.
Mais ce que les gens ne comprennent pas, c'est que c'est au dessus de mes forces.
Peut-on être trop sensible? Peut-être... je ne sais pas.
Il faudrait que ces personnes se mettent à ma place avant de juger... je crois.
Parce que moi aussi j'ai des jugements.
Comme tout le monde... sûrement.
En tout cas.
À une personne, je voudrais lui dire que je n'ai pas choisi de venir au monde.
Puisque j'ai l'impression et la certitude qu'il ne me veut pas dans sa vie.
Et ce, malgré que ce soit en partie à cause de cette personne que j'ai les deux pieds sur Terre.
En fait, les ais-je vraiment sur Terre? Je ne sais pas... j'avais plutôt l'impression de les avoir dans le vide en ce moment.
À une autre personne, j'aurais envie de lui dire véritablement ce que je ressens.
Je veux lui dire, mais je ne trouve pas le courage, je cherche les mots.
J'ai peur de perdre une amitié, j'ai peur d'un refus malgré le fait qu'il y a un intérêt réciproque.
Je suis perdue, j'ai la tête dans les nuages. Je suis tellement loin, tout ce que je vois, c'est le brouillard.
À plusieurs personnes, j'aurais le goût de dénoncer.
J'ai peur d'avoir de mauvaises surprises.
Je crains de parler parce que je ne veux mettre en aucun cas ma famille dans l'eau chaude.
Mais je sais que c'est mal de me taire. Je suis la première à l'avouer.
Je vois la souffrance d'un petit être et je me sens si dépourvue. Je ne sais pas comment réagir.
Je suis bouleversée à chaque fois que je le vois. Ma seule défense, ce sont les larmes, mais j'ai plutôt l'impression que c'est le reflet d'une défaite, d'un échec.
Que faire?
J'apprends de mauvaises nouvelles, encore.
Quand la faucheuse changera-t-elle de cible?
Je n'en peux plus de voir des êtres chers tomber au combat.
Le processus est à recommencer à chaque fois. C'est pénible.
Je crois que j'ai arrêté de les compter. Ça n'a pas de sens.
Je me taie. Je ravale.
D'un autre côté, je veux crier haut et fort comment je suis heureuse.
Comment la vie est belle.
Je ne pourrais demander mieux, et pourtant, j'ai encore l'impression de m'apitôyer sur mon sort.
Alors, c'est ainsi que la gorge serrée et les yeux embrouillés, je me relève et je tente malgré tout de regarder devant moi. La vie m'est prêtée, elle n'est que de passage et il y a une date d'expiration. Je dois en profiter... Comme diraient ces bons vieux cowboys, "Voir trop loin, spa mieux que d'rgarder en arrière", je ne suis qu'une étoile filante.